Road trip en Islande : entre cascades, glaciers et sources chaudes
L'Islande se traverse idéalement en voiture de location, en suivant la fameuse route circulaire qui ceinture l'île. Sur environ 1 300 kilomètres, ce parcours rassemble des paysages d'une variété saisissante : cascades rugissantes descendant de falaises basaltiques, calottes glaciaires scintillant sous un soleil bas, bassins d'eau chaude fumant au milieu de nulle part. La lumière y change d'heure en heure, offrant aux photographes amateurs un terrain de jeu inépuisable.
Préparer ce voyage demande un minimum d'organisation, surtout entre octobre et avril lorsque la neige s'invite sur les pistes. Réserver la voiture à l'avance, étudier les conditions météorologiques et planifier les étapes selon la durée du séjour permettent d'éviter bien des frustrations. Les distances semblent courtes sur la carte, mais elles se parcourent lentement sur des routes souvent sinueuses, ponctuées de pistes F qui exigent un vrai 4x4.
Préparer son voyage et choisir son itinéraire
La première étape consiste à sélectionner un véhicule adapté au relief islandais. Un 4x4 s'impose dès que l'on souhaite emprunter les routes secondaires, explorer les Hautes Terres ou simplement rouler l'hiver sans mauvaise surprise. Les agences locales proposent des modèles robustes équipés de pneus cloutés en saison froide, et beaucoup incluent une assurance couvrant les graviers qui jonchent les pistes.
Le tracé classique débute à Reykjavik pour longer la côte sud, remonter vers Akureyri, puis redescendre par l'est avant de revenir à la capitale. Ce sens antihoraire permet de garder le vent de dos sur les tronçons les plus exposés, notamment entre Höfn et Egilsstaðir. Pour les voyageurs disposant de moins de dix jours, raccourcir l'étape entre Akureyri et Mývatn offre un gain de temps appréciable sans sacrifier les essentiels. Les fjords de l'est, plus sauvages, récompensent les aventuriers prêts à rouler plus longtemps sur le gravier.
Les cascades incontournables de l'île
La côte sud aligne certaines des chutes d'eau les plus photographiées du pays. Seljalandsfoss se distingue par le sentier qui passe derrière son rideau liquide, tandis que Skógafoss impressionne par sa hauteur de près de soixante mètres et son arc-en-ciel quasi permanent par beau temps. Un peu plus loin, la cascade de Gljúfrabúi se cache dans une fissure rocheuse qu'il faut franchir en pataugeant pour l'atteindre.
Sur la route de l'est, les surprises se multiplient. Fjallfoss, Hengifoss avec ses strates rouges, ou encore la discrète Stuðlagil aux orgues basaltiques offrent des ambiances radicalement différentes du sud touristique. Photographier ces sites demande de la patience : la lumière du matin révèle une atmosphère plus douce, et la brume qui s'élève des cascades donne une dimension presque mystique aux clichés. Lors des longues soirées d'étape, certains voyageurs consultent ce guide sur les jeux en ligne pour s'occuper durant la nuit polaire.
Au nord, Goðafoss et la cascade de Dettifoss, la plus puissante d'Europe, prolongent le festival aquatique. Autour du lac Mývatn, les petits ruisseaux et les pseudocratères ajoutent une touche plus intimiste au voyage, parfaits pour des arrêts improvisés.
Glaces, fjords et lagunes du sud-est
La région de Vatnajökull abrite le plus grand glacier d'Europe, dont les langues descendent jusqu'à la plaine. La lagune glaciaire de Jökulsárlón dérive lentement vers l'océan, libérant des icebergs bleus et translucides qui s'échouent sur la plage de diamants toute proche. Se promener sur les rives permet d'observer les phoques joueurs et d'écouter le craquement sourd de la glace qui se fragmente.
Pour approcher la glace de plus près, les randonnées guidées sur le glacier de Skaftafell permettent de chausser les crampons et de découvrir des crevasses aux teintes irréelles. Il est formellement déconseillé de s'aventurer seul sur ces zones instables, car les ponts de neige peuvent céder sans avertissement. Les randonnées vers Morsárdalur ou le long de la langue glaciaire de Falljökull offrent un bon compromis entre effort et émerveillement, accessibles aux débutants bien encadrés.
Sources chaudes et bains géothermiques
Baigner dans une source chaude naturelle en plein vent arctique reste l'une des expériences les plus mémorables d'un voyage en Islande. Le site de Landmannalaugar combine une rivière tiède et des montagnes de rhyolite, mais il n'est accessible qu'en 4x4 et par beau temps. Plus accessible, la rivière chaude de Reykjadalur se rejoint par une marche d'environ quarante minutes depuis le parking, traversant des fumerolles et des coulées de mousse soufrée.
Dans le nord, les bains de Mývatn, surnommés les Blue Lagoon du nord, offrent une eau plus laiteuse et moins touristique que ceux de la capitale. Leur température avoisine les quarante degrés et leur cadre lunaire, entouré de solfatares, crée une ambiance presque extraterrestre. Respecter les règles locales s'impose : ne pas utiliser de savon dans les sources naturelles, marcher sur les sentiers balisés pour protéger la fragile végétation et consulter ce portail d'informations pour préparer son séjour au mieux.
La péninsule de Snæfellsnes, l'Islande en miniature
Souvent comparée à une version condensée de l'île entière, la péninsule de Snæfellsnes concentre en une journée de route une grande diversité de paysages. Le glacier-volcan du Snæfellsjökull, immortalisé par Jules Verne, domine la péninsule et se reflète dans l'Atlantique par temps clair. À ses pieds, le village d'Arnarstapi aligne des falaises d'où l'on observe parfois des macareux en saison.
Le village de Grundarfjörður abrite la montagne photogénique de Kirkjufell, rendue célèbre par la série télévisée Game of Thrones. Les amateurs de cascades ne manqueront pas les chutes de Bjarnarfoss, qui descendent en plusieurs paliers au cœur d'une gorge étroite, ni la plage de Djúpalónssandur, parsemée d'épaves de bateaux et de galets noirs polis. Cette région se prête particulièrement aux arrêts improvisés et aux photographies de la lumière rasante du soir.
Plongée et autres horizons sous-marins
Si l'Islande n'est pas la première destination qui vient à l'esprit des plongeurs, ses fissures de silice et ses sites en eau glacée attirent les amateurs d'expériences uniques. La fissure de Silfra, dans le parc de Þingvellir, permet de nager entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne avec une visibilité exceptionnelle, malgré une température flirtant avec les deux degrés. Combinaison étanche et guide certifié sont obligatoires pour profiter du site en toute sécurité.
Pour les plongeurs cherchant la chaleur tropicale après leur périple islandais, les Philippines offrent un contraste saisissant avec leurs récifs coralliens et leurs épaves de la Seconde Guerre mondiale. Explorer les sites de plongée aux Philippines ou découvrir les épaves de Chuuk permet de prolonger l'aventure sous-marine dans des eaux bien plus clémentes. Ces destinations complètent idéalement un carnet de voyage entre deux saisons islandaises.
Conseils pratiques pour réussir son road trip
Voyager entre juin et août permet de bénéficier des routes dégagées et du soleil de minuit, même si la saison reste la plus fréquentée. En dehors de cette période, les tarifs baissent, les sites se font plus paisibles et les aurores boréales apparaissent dès la fin août. Une bonne préparation fait toute la différence entre un voyage fluide et une succession d'imprévus coûteux.
Quelques réflexes simples permettent d'éviter la majorité des soucis logistiques et de profiter pleinement de chaque étape. Voici les recommandations à garder en tête avant de prendre la route.
- Télécharger les applications météorologiques locales et consulter l'état des routes F chaque matin avant de prendre la route.
- Prévoir un budget essence élevé, car les stations se font rares hors de Reykjavik et d'Akureyri.
- Emporter des vêtements techniques superposables, car les conditions varient d'une côte à l'autre et d'une heure à l'autre.
- Réserver les hébergements plusieurs mois à l'avance en haute saison, surtout dans la région de Vík et autour de Jökulsárlón.
- Garder de la monnaie locale pour les parkings et les bains municipaux, parfois réticents face aux cartes étrangères.
- Respecter scrupuleusement les panneaux et les sentiers balisés pour préserver la nature qui fait tout le charme de l'île.
- Rouler prudemment sur les pistes de gravier et vérifier l'état des ponts à gué avant de s'engager.