Islande en trois semaines entre volcans, glaciers et fjords
L’Islande se prête particulièrement bien à un long voyage itinérant. En trois semaines, il devient possible de suivre la route circulaire, de s’attarder dans les régions les plus spectaculaires et d’ajouter les fjords de l’Ouest, souvent laissés de côté par les visiteurs pressés. Le parcours alterne champs de lave, plages noires, langues glaciaires, cascades et villages de pêcheurs.
Ce circuit privilégie les paysages et la photographie plutôt que l’accumulation de kilomètres. Certaines étapes demandent plusieurs nuits, notamment autour de la côte sud, du lac Mývatn et des fjords de l’Ouest. La lumière change rapidement, les conditions météorologiques aussi : conserver un peu de souplesse permet souvent de profiter d’une éclaircie ou d’une route enfin praticable.
L’été offre les journées les plus longues et un accès facilité aux pistes secondaires, tandis que l’automne apporte des couleurs plus douces et parfois les premières aurores boréales. Quelle que soit la saison, l’itinéraire doit rester adaptable, car les vents, les chutes de neige et l’activité volcanique peuvent modifier les déplacements en quelques heures.
Construire une boucle cohérente
Le trajet commence idéalement à Reykjavík et suit la route 1 vers le sud, avant de remonter par l’est et le nord. Après le lac Mývatn et la péninsule de Vatnsnes, il bifurque vers les fjords de l’Ouest, puis rejoint la péninsule de Snæfellsnes et la capitale. Cette boucle représente une base réaliste pour vingt et un jours, sans transformer chaque journée en transfert.
Un découpage équilibré peut prévoir deux nuits à Reykjavík, quatre dans le sud, trois dans les fjords de l’Est, trois autour de Mývatn, quatre dans les fjords de l’Ouest et deux à Snæfellsnes. Les jours restants servent aux trajets et aux imprévus. Cette logique rappelle l’intérêt de laisser du temps sur place, comme dans un itinéraire en Indonésie, où les distances et les changements d’ambiance méritent de ne pas être sous-estimés.
Pour un premier séjour, une voiture classique suffit sur la route circulaire en été. En revanche, les pistes F, les traversées de rivières et les hautes terres nécessitent un véhicule autorisé et une expérience adaptée. Les conditions de circulation doivent être vérifiées chaque matin auprès des services islandais officiels.
De Reykjavík à la côte sud
Reykjavík constitue une agréable entrée en matière : promenade autour du vieux port, architecture contemporaine, piscine géothermique et départ vers le Cercle d’Or. Þingvellir montre la fracture entre les plaques tectoniques, tandis que Geysir et Gullfoss condensent en quelques kilomètres l’activité géologique et la puissance de l’eau. Une nuit dans la région évite de visiter ces sites aux heures les plus chargées.
La côte sud mérite au moins trois nuits. Seljalandsfoss permet de passer derrière le rideau d’eau lorsque le chemin est ouvert, Skógafoss impressionne par son débit et Reynisfjara dévoile ses colonnes de basalte face à une mer dangereuse. Les vagues peuvent surprendre très loin sur le sable : il faut rester à distance et respecter les panneaux.
Depuis Vík, le parc de Skaftafell offre plusieurs randonnées, dont celle menant à Svartifoss. Plus à l’est, Jökulsárlón rassemble des icebergs dans une lagune ouverte sur l’océan, tandis que la plage de Diamond Beach les disperse sur le sable noir. Les photographes apprécieront le lever du jour, quand la lumière rasante souligne les reliefs bleutés de la glace.
L’Islande ne remplace pas une destination dédiée aux récifs tropicaux, mais elle séduit par ses littoraux et ses phénomènes naturels. Pour une expérience sous-marine radicalement différente, le récit de plongée au Costa Rica rappelle combien les paysages aquatiques peuvent varier d’un voyage à l’autre.
Glaciers et fjords de l’Est
La route entre Höfn et Egilsstaðir suit une succession de fjords étroits, de montagnes abruptes et de petites plages. Les villages de Djúpivogur, Breiðdalsvík et Seyðisfjörður invitent à ralentir. Seyðisfjörður se distingue par ses maisons colorées, son église et sa route spectaculaire, souvent entourée de cascades au printemps.
Une journée peut être consacrée au canyon de Stuðlagil, reconnaissable à ses orgues basaltiques et à son eau turquoise lorsque le niveau de la rivière le permet. L’accès dépend de l’état des pistes et des pluies. Dans les environs d’Egilsstaðir, la forêt de Hallormsstaður apporte un contraste étonnant dans un pays où les espaces boisés restent rares.
Cette partie orientale est également propice à l’observation des rennes, des oiseaux marins et parfois des phoques. Les hébergements y sont moins nombreux que dans le sud : réserver à l’avance est prudent en haute saison, surtout si l’on souhaite dormir dans un village plutôt que près d’une grande ville.
Volcans et grands espaces du Nord
Depuis Egilsstaðir, la route mène au lac Mývatn, l’un des secteurs les plus riches du pays sur le plan géologique. Les pseudocratères de Skútustaðagígar, les formations de Dimmuborgir et les fumerolles de Námafjall témoignent d’un volcanisme encore très présent dans le paysage. Une baignade dans une source chaude peut compléter la journée, à condition de choisir un site autorisé et entretenu.
À proximité, la cascade de Dettifoss montre une autre facette de la puissance islandaise. Le canyon d’Ásbyrgi, en forme de fer à cheval, offre des sentiers plus calmes et une végétation surprenante. Il faut prévoir du temps pour ces détours, car les pistes d’accès peuvent ralentir considérablement le parcours.
Akureyri, installée au bord de l’Eyjafjörður, constitue une étape pratique avant de poursuivre vers la péninsule de Vatnsnes. Une sortie en mer depuis Húsavík permet d’observer baleines et oiseaux, tandis que les falaises de la côte nord offrent d’excellents points de vue. La météo marine peut toutefois entraîner des annulations : mieux vaut placer l’excursion au début du séjour dans la région.
Traverser les fjords de l’Ouest
Les fjords de l’Ouest demandent au moins quatre jours, idéalement davantage. Les routes sinueuses longent des falaises colorées et des anses isolées, avec peu de services entre les localités. Látrabjarg est réputé pour ses colonies d’oiseaux en été, notamment les macareux, mais le bord des falaises reste friable et exposé au vent.
La plage de Rauðisandur change de teinte selon la lumière et la marée. À Patreksfjörður, Ísafjörður ou Þingeyri, les anciennes maisons et les ports racontent une histoire liée à la pêche. Les sources chaudes naturelles, comme celles de la région de Reykjanes, offrent une pause bienvenue après les longues heures de conduite.
La cascade de Dynjandi est l’un des grands moments de cette traversée. Son profil en éventail se découvre au terme d’une courte montée, avec plusieurs petits paliers d’eau. Il est préférable de consacrer une journée entière à la route entre deux fjords plutôt que de multiplier les étapes : les arrêts photographiques sont fréquents et la visibilité peut changer rapidement.
Conseils pratiques pour un voyage fluide
Le budget islandais reste élevé, en particulier pour les logements, la restauration et la location d’un véhicule. Faire quelques courses dans les supermarchés, réserver des hébergements équipés d’une cuisine et alterner activités payantes et randonnées libres permettent de mieux maîtriser les dépenses. Les cartes bancaires sont largement acceptées, y compris pour de petits achats.
Quelques repères rendent le parcours plus confortable :
- Vérifier chaque matin l’état des routes, les alertes météo et les éventuelles restrictions liées aux volcans.
- Prévoir des vêtements imperméables, plusieurs couches chaudes, des chaussures de randonnée et une protection contre le vent.
- Réserver tôt les nuits dans le sud, à Mývatn et dans les fjords de l’Ouest pendant les mois d’été.
- Garder au moins deux journées modulables pour absorber un retard, une excursion annulée ou une météo défavorable.
- Ne jamais quitter les sentiers balisés près des zones géothermiques, des falaises et des fronts glaciaires.
- Remplir le réservoir dès que possible dans les régions peu peuplées et télécharger les cartes hors connexion.
- Respecter les sites naturels : ne pas franchir les barrières, ne pas stationner sur les bas-côtés et ne laisser aucun déchet.
Pour les randonnées glaciaires, les grottes de glace et certaines excursions volcaniques, l’accompagnement d’un guide local est indispensable. Les glaciers évoluent constamment et les cavités peuvent devenir instables. De même, une sortie en bateau sur une lagune glaciaire ou une excursion d’observation des baleines doit être choisie selon les conditions du jour.
Avant de quitter l’Islande, une dernière halte à Snæfellsnes permet de retrouver plusieurs paysages emblématiques : volcan couronné d’un glacier, plages de lave, villages de pêcheurs et montagne de Kirkjufell. La péninsule résume à elle seule la diversité du pays et offre une fin de parcours paisible avant le retour à Reykjavík. Pour prolonger cette découverte des grandes chutes nord-américaines, les chutes du Niagara forment un autre voyage consacré à la rencontre entre eau, roche et paysages grandioses.