Top 5 des destinations difficiles d’accès

Partir et découvrir le monde est désormais devenue chose commune. Avec la démocratisation des informations et l’avènement des transports, toutes les merveilles planétaires sont à portée de main. Toutes? Pas exactement. Il existe encore des bouts de terre isolés, aux confins du globe, presque encore vierges. Je vous invite donc à découvrir ces 5 destinations, empreintes de mystère et de magie, qui restent, pour l’instant, difficiles d’accès.

Wrangel Island

Renard arctique

Vous n’en avez surement jamais entendu parler, et pourtant, la petite île russe de Wrangel est un véritable trésor. Située dans l’océan arctique entre la Russie et l’Alaska, elle abrite une faune incroyable : ours polaires, phoques, morses, renards arctiques et autres oiseaux et cétacés y vivent ou y sont aperçus. Cette île est un sanctuaire naturel protégé et a reçu en 1976 le plus haut degré de protection, lui conférant ainsi le droit d’exclure pratiquement toute activité humaine, exceptées les missions scientifiques. Seule une poignée de touristes ont le privilège de pouvoir se rendre sur l’île. Restreinte d’accès afin de bénéficier d’une protection maximale, elle l’est également de par son isolement.

Morse

Pour s’y rendre il n’existe qu’une seule solution. Il suffit de s’embarquer pour une croisière de 15 jours avec Heritage Expeditions pour la modique somme de 11 200 $US par personne (au minima)! Le départ de la croisière se fait dans le petit port d’Anadyr, en Russie, accessible depuis Moscou ou depuis la ville de Nome en Alaska, via un vol charter. Les billets d’avion pour se rendre à Anadyr ne sont évidemment pas inclus dans le prix de la croisière. Un tel budget pour se rendre sur l’île a de quoi en dissuader un grand nombre. Et vous, seriez-vous prêt à vous engager pour une telle expédition?

Le Bhoutan

Taktshang un monastère bhoutanais

Petit pays d’Asie du Sud, le Bhoutan est enclavé entre l’Inde et la Chine. Proche du Népal et situé sur la chaîne de l’Himalaya, le Bhoutan a lui aussi des airs de lieu de villégiature pour la détente et la méditation. Des temples à flanc de montagne, un environnement encore intact et une culture unique forgent un décor époustouflant épargné par le tourisme de masse. Et pour cause, l’accès au Bhoutan est volontairement limité afin de préserver l’environnement du pays.

Un bhoutanais et son enfant

D’une part il n’est pas possible pour les touristes étrangers d’arriver au Bhoutan par les airs. D’autre part les étrangers qui souhaitent fouler le sol du Bhoutan doivent s’acquitter d’un forfait de 250 $US par jour et par personne pour la prise en charge de l’hôtel, des repas, des transports, etc., obligeant ainsi les visiteurs à passer par des tours opérateurs pour organiser leur voyage. C’est donc une aubaine pour le pays qui s’inscrit à la fois dans le tourisme de luxe, mais également dans le tourisme durable.

Isla del Coco

Bancs de requins marteaux en plongée à la Isla del Coco. Crédit photo : John Voo

La Isla del Coco fait encore et toujours rêver les amateurs de plongée. Petite île appartenant au Costa Rica, elle n’en est pas moins située à quelques 550 km des côtes du pays. Elle est en réalité un parc national protégé et aucune personne n’est autorisée à y vivre ou même à y séjourner à part les quelques «rangers» costariciens qui s’occupent de sa préservation. Elle y présente une faune et une flore très diversifiées, mais ce sont surtout pour ses animaux marins qu’elle est mondialement reconnue. Chaque année des voyageurs du monde entier partent à la rencontre de ses requins-marteaux, qui en sont sa principale attraction, mais aussi de ses dauphins, de ses raies mantas, et quelques fois même de ses requins-baleines. La difficulté est évidemment de s’y rendre et le seul moyen pour cela est de partir avec une des deux compagnies (Agressor et Undersea Hunters) qui offrent des croisières à la Isla del Coco. Comptez environ 5000 $US pour une croisière d’une dizaine de jours et une trentaine d’heures de bateau pour rejoindre l’île à partir des côtes costariciennes.

Lac Hillier

Le magnifique lac Hillier et ses teintes rosées. Photo crédit : Annabelle Corjeon

Il existe un lac, en Australie, dont la couleur envoutante n’est ni bleue, ni verte, et ne revêt pas non plus des allures de paradis tropical. Ce lac, c’est le lac Hillier, pour le moins original et unique, car il est l’un des huit lacs au monde dont l’eau se pare d’une teinte rose bonbon. La raison scientifique de sa coloration n’est pas connue et reste un mystère mais la présence de certaines bactéries et algues pourrait en être la cause. Le lac Hillier se situe dans l’archipel de la Recherche, au large des côtes sud-ouest de l’Australie, en plein cœur d’une forêt d’eucalyptus. Y accéder relève du défi puisqu’il faut tout d’abord se rendre à la ville d’Espérance (déjà un challenge en soi) pour avoir la possibilité de l’admirer. De là, deux choix sont réalisables : trouver un pilote d’hélicoptère qui acceptera de survoler l’archipel, situé à 45 minutes des côtes, ou encore faire une croisière d’une journée entière pour atteindre l’île et son lac aux reflets satinés.

Les tribus secrètes

La forêt amazonienne recèle encore des lieux inexplorés et secrets. Photo crédit : Neil Palmer (CIFOR)

Les voyages ne sont pas qu’un émerveillement devant des paysages époustouflants, ce sont aussi des rencontres et des moments de partage. Aller à la découverte des peuples endémiques renforce véritablement l’intérêt du voyage, et l’enrichit, sans concession. Mais il existe de par le monde des tribus qui sont restées secrètes et loin des regards du monde pendant longtemps. C’est en 2008 que le photographe brésilien Ricardo Stuckert a révélé des photos d’une tribu amazonienne qui n’était jamais entrée en contact avec d’autres populations humaines auparavant. D’autres, comme la tribu de l’île North Sentinel, ont été traumatisées par leur rencontre avec des étrangers et refusent catégoriquement toute présence de visiteurs, qu’ils considèrent comme des ennemis. Ces différentes tribus ne peuvent en aucun cas entrer en contact avec le reste de la planète, soit parce qu’ils encourent un risque de contamination avec des pathogènes auxquels ils n’ont jamais été en contact auparavant, soit à cause des risques d’attaques qu’ils pourraient mener. Ces régions reculées du monde, restent alors, sans conteste, des lieux hors d’atteinte des voyageurs.

 

Que certaines destinations soient réservées à une certaine élite ou que d’autres soient tout simplement trop à l’écart du monde, elles n’en restent pas moins fascinantes et stimulent les fantasmes des voyageurs toujours en quête de nouveaux lieux à parcourir. Même s’il est frustrant de savoir que nous ne foulerons probablement jamais ces terres, il est plus important encore que ces endroits demeurent sauvages afin de les préserver du tourisme de masse qui a souvent un impact négatif sur l’environnement.

 

La plupart des images sont issues de la banque d’images gratuites et libres de droits Pixabay. Les autres, dont les noms des photographes sont crédités dans les légendes, sont sous licence Creative Commons.

2 Comments

  1. Vic

    Ton article est vraiment est très intéressant ! Je trouve ça top que certaines régions que tu évoques soient autant protégées de l’activité humaine et du « mauvais tourisme ». Il n’y en a malheureusement pas assez.

    1. Rose des vents

      Égoïstement je trouve ça frustrant de me dire : c’est bien trop cher je ne pourrais jamais me le permettre, mais d’un autre côté je me dis aussi que ça reste un moyen d’empêcher les dérives du tourisme de masse et finalement c’est ça le plus important. Comme tu le mentionnes, il n’y a malheureusement pas assez de lieux comme ça, et j’espère qu’au moins ceux-là le resteront 🙂

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